L’aigle et la corneille

Livre 2, Fable 6L'AIGLE ET LA CORNEILLE
Liber II, Fabula VIAQUILA ET CORNIX
Contre les puissants on n'est jamais assez protégé, mais, qu'un méchant leur donne encore des conseils, la force et la malice renversent tout ce qu'elles attaquent. Contra potentes nemo est munitusmonitus satis ; si vero accessit consiliator maleficus, vis et nequitia quicquid oppugnant ruit.
Un aigle enlevait en l'air une Tortue, qui, cachée sous sa maison d'écaille, ne courait aucun danger. Une Corneille survint, et en voltigeant autour de l'Aigle, lui dit : « Vous tenez dans vos serres une proie excellente ; mais si je ne vous montre ce qu'il faut en faire, 10 vous vous fatiguerez inutilement de ce lourd fardeau. » 11 L'Aigle promet une part de la prise et laisser tomber 12 du haut des airs la Tortue sur un rocher, pour briser sa dure écaille, 13 il leur sera facile alors de s'en rassasier. 14 L'Aigle, persuadé par de si bons avis, obéit, 15 et partagea ensuite libéralement avec sa conseillère. 16 Ainsi celle que protégeait tant la nature, 17 trop faible contre deux, périt misérablement. Aquila in sublimesulime sustulit testudinem. Quae cum abdidisset cornea corpus domo nec ullo pacto laedi possetpossit condita, venit per auras cornix et propter volans : « Opimam sane praedam rapuisti unguibus ; sed nisi monstraro quid sit faciendum tibi, 10 gravi nequiquam te lassabit pondere. » 11 Promissa parte suadet ut scopulum super 12 altis ab astris duram inlidat corticem, 13 qua comminuta facile vescatur cibo. 14 [p.25] Inducta verbis aquila monitis paruit, 15 simul et magistraemagistre large divisit dapem. 16 Sic tuta quaeque naturaenature fuerat munere, 17 impar duabus occidit tristi nece.

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